Donald Trump abandonne ses menaces militaires et tarifaires sur le Groenland, évoquant un compromis via l’Otan, ce qui désoriente les capitales européennes déjà mobilisées pour une riposte commune.
Une annonce qui bouleverse l’agenda européen
Donald Trump a surpris tout le monde. Après plusieurs jours de menaces militaires et de pressions économiques autour du Groenland, le président américain a brusquement changé de ton, évoquant un compromis négocié via l’Otan et renonçant à imposer des droits de douane aux pays européens opposés à ses ambitions. Résultat : les capitales européennes sont déstabilisées, incapables de déterminer si la crise est réellement derrière elles ou simplement mise en pause.
Ce retournement intervient alors que les dirigeants de l’Union européenne s’apprêtaient à se réunir en urgence à Bruxelles pour organiser une riposte commune. L’objectif initial était clair : faire front face à une offensive américaine jugée sans précédent depuis des décennies, mêlant menaces territoriales et coercition commerciale.
La question de la confiance au cœur du malaise
Mercredi soir, à l’issue d’une rencontre avec le secrétaire général de l’Otan, Trump a affirmé qu’un « cadre pour un futur accord » avait été trouvé concernant le Groenland et, plus largement, la région arctique. Dans la foulée, il a annoncé l’abandon des droits de douane de 10 % qui devaient entrer en vigueur début février contre plusieurs États européens, dont la France, le Royaume-Uni et la Norvège.
Pour Bruxelles, cette volte-face est déstabilisante. Le sommet prévu devait servir à afficher l’unité européenne face à une escalade américaine. Il se transforme désormais en réunion d’interrogation stratégique : que contient réellement ce « cadre » ? Quelles concessions ont été envisagées ? Et surtout, peut-on faire confiance à la parole de Washington dans un dossier aussi sensible ?
Une unité européenne fragilisée
Officiellement, Trump affirme avoir consulté des dirigeants européens. En pratique, de nombreux responsables dénoncent un flou total. La souveraineté du Groenland, territoire autonome sous contrôle danois, reste une ligne rouge non négociable pour Copenhague. Les autorités danoises se disent toutefois prêtes à discuter des préoccupations sécuritaires américaines dans l’Arctique, notamment face à la Russie et à la Chine.
Ce climat d’incertitude alimente une inquiétude plus large : celle de la fiabilité de l’allié américain. Plusieurs responsables européens redoutent que ce geste d’apaisement ne soit qu’une tactique temporaire, susceptible d’être remise en cause à tout moment par une nouvelle sortie présidentielle.
Une crise peut-être suspendue, pas résolue
Le revirement de Trump complique également la cohésion interne de l’UE. En relâchant la pression, Washington ouvre la porte à des divergences nationales sur la stratégie à adopter, que ce soit sur le Groenland, le commerce transatlantique ou le soutien à l’Ukraine. Certains États pourraient être tentés de privilégier une approche bilatérale avec les États-Unis, au détriment d’une position commune.
C’est précisément ce scénario que redoutent plusieurs diplomates : une Europe fragmentée, plus vulnérable aux pressions américaines et moins capable de défendre ses intérêts collectifs.
Si l’abandon des menaces tarifaires et militaires offre un répit bienvenu, il ne dissipe pas le malaise de fond. Le Groenland a servi de révélateur brutal des fragilités de la relation transatlantique et du degré d’imprévisibilité de la politique américaine actuelle.
Pour l’Europe, la question n’est plus seulement de savoir comment réagir à une crise ponctuelle, mais comment gérer un partenaire capable de passer en quelques heures de la confrontation frontale à l’apaisement diplomatique. Dans ce contexte, le sommet européen à venir pourrait moins chercher à répondre à Trump qu’à préparer l’Union à la prochaine secousse.